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Retour sur la conférence-débat - L'engagement et le bénévolat : quelle réalité, quelles pratiques ?

158 personnes sont venues assister à la conférence-débat "Engagement et le bénévolat : quelle réalité, quelles pratiques ?" organisée le 4 octobre 2011 à la salle de l’Hélianthe à La Crèche.
Un succès pour cette conférence-débat au cours de laquelle, Dan FERRAND-BECHMANN, Présidente de l'Association française de sociologie, est revenue sur l’évolution des formes d'engagement.
La seconde partie de la soirée a permis de mettre en débat ces notions et d'échanger sur le fonctionnement associatif.
Voici quelques éclairages qui ont pu être apportés lors de cette soirée-débat :
On ne s'engage pas aujourd'hui comme on se donnait en gage autrefois lorsque l’on s’engageait dans la guerre et que l’on recevait des gages (salaire). Pour autant, les bénévoles
donnent de leurs temps, ils offrent leurs images, leurs réputations… (ex : association de lutte pour l’avortement). Ils assument des risques. Les dirigeants associatifs peuvent voir leur responsabilité financière engagée en cas de faute de gestion.
Les associations s'inscrivent dans une contre-culture dans la mesure ou les bénévoles travaillent dans des organisme non lucratifs, alors que nous sommes dans une société où le lucratif et la concurrence nous gouvernent.
Le bénévole devient militant à partir du moment où il s’engage pour une cause. Selon Dan FERRAND-BECHMAN, "L'engagement et le bénévolat, le militantisme ou le sens du service public, tout ce qui porte l'acteur social à sortir de sa coque individualiste est un paradoxe, dans une société que beaucoup s'accordent à décrire comme individualiste et égoïste." Dan FERRAND-BECHMANN parle alors de citoyen actif, "plus citoyens que les autres".
Le bénévolat est une activité non rétribuée et librement choisie. C’est une action qui est dirigée vers autrui ou vers la communauté.
Le chiffre de 13 millions de bénévoles en France cache des degrés divers d'engagements, ponctuels et éphémères jusqu'à des quasi plein temps, des personnes qui sont directement concernées par l'objet de l'association ( ex : groupes d'entreaides , associations sportives) ou qui s'engage pour les autres (ex : associations charitatives).
L'univers des associations n'est pas "tout rose". Dan FERRAND-BECHMANN parle de risque "malévole", une antithèse du bénévole qui n'est pas là principalement pour "faire du bien" mais pour se faire du bien et qui peut mettre en difficulté un projet associatif. Pour éviter ce risque, la sélection des bénévoles peut apparaitre nécessaire.
Les motivations du bénévole sont multiples, altruisme, recherche de sens, socialisation, contre-don (idée "de rendre ce que l’on a reçu"). Mais aussi, simplement le plaisir et la joie de faire du bénévolat car le bénévolat fait du bien à ceux qui le font.
Les engagements bénévoles changent. Les bénévoles ne sont plus dans des engagements à vie comme autrefois : on parle parfois d'engagement
"zapping". Les gens vivent plus longtemps. A 60 ou 65 ans, on peut encore s’engager. Contrairement à certaines idées reçues, les jeunes aussi s'engagent pourvu qu'on leur fasse confiance. En ce sens, le dispositif "juniors associations" permet à des jeunes de moins de 18 ans de monter leur projet assocaitif.
La question cruciale du pouvoir d'agir et des pratiques démocratiques dans les associations :
L' "empowerment" est un terme anglais dont la traduction française est difficile. Il s'agit de donner du pouvoir d’agir, de donner aux bénévoles les moyens de devenir acteurs : "pouvoir agir, c'est avoir du pouvoir". C'est une philosophie de l'action à l'opposé d'une philosophie de l'assistance.
Ce concept interroge les pratiques démocratiques internes de l'association puisqu'en donnant du pouvoir d'agir, on transfère du pouvoir et quelques fois on le partage.
La formation apparait d'une importance vitale puisqu'elle donne "autonomie et pouvoir". Aussi, être bénévole constitue un apprentissage formidable. Les savoirs appris dans l’expérience sont plus vivaces… Il existe donc un enjeu important dans la validation des savoirs acquis dans les associations.
Reconnaissance, organisation et impact social du bénévolat :
L’impact de l’action des bénévoles est difficile à calculer. Le Produit Intérieur Brut (PIB) qui sert à calculer la production de richesse d'un pays ne comptabilise pas les services non marchands qui sont le propre de l'action bénévole. Pourtant, si les bénévoles cessaient leurs activités un certain temps, on s’apercevrait de l’énorme main-d’œuvre qu’ils fournissent. Des solutions exsitent pour valoriser dans les budgets associatifs le travail bénévole : valorisation du temps de travail au "taux horaire normal" ou encore en faisant référence au coût du service rendu si on avait eu recours au marché...
Pour autant, malgré la multitude de services rendus, le bénévolat n'est toujours pas assez bien reconnu et organisé en France. Le manque d'organisation, de coordination, de supervision des bénévoles comme c'est le cas en Allemagne ou en Angleterre cause une perte de bénévoles Dan FERRAND-BECHMANN parle ainsi d' "hémoragie de bénévoles". Il est aujourd'hui nécessaire de légitimer et de valoriser davantage le bénévolat.
Il est difficile de traduire en si peu de ligne la richesse des contenus de cette conférence-débat. Pour aller plus loin, vous pouvez consultez le dossier du participant ainsi que l'intervention de Dan FERRAND-BECHMANN.
Dan FERRAND-BECHMANN (intervenante de la soirée) :
Professeur des universités, Dan FERRAND-BECHMAN est Présidente de l'Association française de sociologie et responsable des études au centre d'études des solidarités sociales.Elle s’intéresse en particulier à l’acteur social motivé par le fait d’être engagé. Elle a participé à de nombreux congrès universitaires internationaux.
Elle est auteure entre autres de Bénévolat et solidarité (Syros, La Découverte, 1991), Le métier de bénévole (Anthropos Economica, 2000), Les bénévoles et leurs associations (L'Harmattan, 2004) et L'engagement bénévole des étudiants. Le pouvoir d'agir (L'Harmattan, 2007).
La conférence-débat a été animée par Renaud GAUTRON, Coordonnateur de la mission "Vie associative" et Délégué à la vie associative à la Direction Départementale de la Cohésion Sociale et de la Protection des Populations des Deux Sèvres (DDCSPP) et Patrice BOHMERT, Chef du service "Accompagnement de la vie associative et médiation numérique" au Conseil Général des Deux-Sèvres.
Cycle de formation des bénévoles :
Cette conférence était proposée par la Direction Départementale de la Cohésion Sociale et de la Protection des Populations des Deux Sèvres (DDCSPP) en partenariat avec le Conseil Général des Deux-Sèvres et le Pays du Haut Val de Sèvre dans le cadre de l’année européenne du bénévolat et du volontariat et du cycle de formation des bénévoles associatifs des Deux-Sèvres.
www.formationdesbenevoles79.fr


